• Audrey

L’Inde : des couleurs, des senteurs et… des vignobles !

For English version, click here

Sula Vineyards, Nashik (150 km au Nord-Est de Mumbai, Inde)

L’Inde, un pays lointain au sud de l’Asie et une croissance exponentielle à tous points de vue, voici une destination fascinante que je vous propose de découvrir sous un angle œnologique ! Sa population dépasse le milliard d’habitants (1,34 milliard pour être précis) et sa superficie se discute en millions de km² (3,2 exactement). C’est dire la variété des paysages qui se profilent à vos yeux selon les états visités… Par conséquent, là où il y a du soleil, des terres, de la chaleur et des hommes, il est possible d’y cultiver des vignes !


La vigne a 2000 ans d’histoire en Inde : le saviez-vous ?


C’est seulement à partir du XVIe siècle que la vigne est réellement exploitée pour la production de vin par les colons portugais venus s’installer dans la province de Goa. Ils ont apporté leurs cépages portugais et y ont développé l’industrie viticole. D’ailleurs, à ce jour, il existe encore des cépages indiens. La greffe est aussi pratiquée sur ces dernières. Depuis quelques décennies, un engouement pour les cépages européens, notamment français et italiens s’est développé au sein des vignobles. C’est pourquoi on y trouve aujourd’hui du Sauvignon blanc, du Chenin blanc, de la Syrah, du Cabernet Sauvignon… La plupart des vignobles indiens se situent au nord et nord-est de Bombay (ville renommée Mumbai), autour de Nashik dans l’Etat du Maharashtra. Les vignobles indiens ne cessent de se développer avec une surface qui a doublé entre 2000 et 2015 pour atteindre 120.000 hectares !


La nouvelle génération indienne a beaucoup voyagé, souvent revenue d’études supérieures et d’expériences professionnelles en Europe et aux Etats-Unis. Elle perçoit la consommation d’un verre de vin en soirée ou au cours d’un repas comme un signe d’intégration sociale ou encore de raffinement. Ceci pourrait expliquer la forte hausse de la consommation de vin : en 2014, 15 millions de litres étaient consommés alors que 3 ans plus tard en 2017, la consommation est passée à 41,4 millions de litres, soit une hausse de 278% (selon le Wine Institute). Mais, si on relativise ce chiffre en le rapportant à la taille de la population du pays, cela ne représente que 0,03 litre par personne alors que les français sont à 52 litres par habitant par an ! Une opportunité future sur le marché indien ?


Oui mais le chemin sera long et jonché d’obstacles !


C’est seulement depuis 1988 que l’Inde autorise la vente de 25% de la production sur le marché national. De nombreux états indiens interdisent encore aujourd’hui la consommation d’alcool, notamment le Gujarat, le Bihar mais aussi le Kerala (on les appelle les « dry states » ou « états secs »). Aussi, chaque Etat impose sa propre législation en termes d’étiquetage et de mentions légales, ce qui complique le marketing des bouteilles et impose un travail et un coût supplémentaire aux vignobles qui devront adapter le processus d’emballage et étiquetage de chaque bouteille selon leur destination pour la vente. Quant à l’importation de vins étrangers, pourtant plébiscités par la nouvelle jeunesse, les taxes appliquées sont décidées par chaque Etat et restent un frein majeur à l’implantation dans le pays : les taxes fédérales peuvent atteindre 150% du prix et chaque Etat peut appliquer des droits de douane locaux, atteignant parfois 30% !

Je viens de clôturer 3 belles visites de vignobles indiens et d’une distillerie de whisky (info à venir, surprise dans un futur article !). Et oui, l'Inde produit du vin, bien plus que je ne l’imaginais ! Les méthodes employées quant à la vinification s’inspirent beaucoup de l’Europe et notamment de l’Italie pour certains domaines, promettant un bel avenir aux bouteilles...


Des vins avec des notes aromatiques influencées par les habitudes du palais indien !

On retrouve des cépages très connus : Chenin Blanc, Chardonnay, Viognier, Sauvignon blanc... D'ailleurs, on retrouve toutes les caractéristiques typiques du Sauvignon Blanc avec sa fraîcheur, ses notes de poivron vert, d'asperge verte... Pour les rouges, des pépites à découvrir sur les Shiraz (Syrah en France) et Cabernet Sauvignon avec de belles notes épicées et de fumé, pour les amateurs de ces styles de vin! J’ai remarqué que le palais indien étant habitué aux plats épicés, les hommes marquent une nette préférence pour les vins rouges corsés et très fumés et épicés. L’acidité ne ravit pas les papilles indiennes préférant clairement les vins blancs plus doux affichant une belle sucrosité en bouche : n’est-ce pas là le meilleur accord avec des plats indiens épicés ?


Voici un petit tour d’horizon de 3 maisons viticoles dont deux basées dans la région réputée pour ses vignes à 150 km de Mumbai (les vignes autour de la ville de Nashik):

1. Sula vineyards : la plus marketée à ce jour, et certainement la plus connue, Sula a été créée en 1996 par un ingénieur indien revenu de Californie. Le domaine, très développé sur le plan oenotouristique propose de nombreuses activités au cœur des vignes : hôtel, bar, restaurant et spa, boutique, bar à vins. Les lieux proposent des visites guidées tous les jours suivies d’une dégustation. Le guide vous accueille au cœur des cuves en inox, après une petite marche devant les vignes donnant sur la région du Maharashtra : « cela ressemble un peu à la Napa Valley !». Les nuits ici sont fraiches et les journées très chaudes, d’où une terre aride ! Le Sauvignon blanc et le Chenin Blanc sont deux grands cépages de la maison, mais pas que ! 14 cépages sont cultivés sur la propriété. Sula a sorti également une bouteille de mousseux originale aux couleurs « pétillantes » appelé « Brut tropicale », un blanc de noir élaboré à partir de Pinot Noir, Syrah, Chenin et Chardonnay, selon la méthode traditionnelle. Visiter le chai, découvrer la belle salle d’élevage des vins avec un nombre surprenant de barriques en chêne français et californien. Les vins y reposent de 2 à 22 mois. Essayez aussi le moelleux Chenin blanc vendanges tardives avec de belles notes de mangue et ananas !

2. York Winery: créée en 2009 par un indien passionné par le vin et les voyages en Italie, dans le Sud de la France ainsi qu’en Nouvelle Zélande, cette propriété se situe juste à côté de Sula. Elle propose un restaurant et une salle de dégustation avec une vue panoramique sur un plan d’eau traversé par la rivière Godavari. Cette maison familiale et son équipe de 45 personnes élabore deux vins mousseux selon la méthode traditionnelle, l’un 100% Chenin blanc et l’autre rosé à base de Shiraz.

3. Grover Zampa : la plus vieille maison viticole indienne depuis plus de 33 ans, a été créée par un riche industriel qui a su convaincre l’ancien directeur technique de Mumm de créer une joint venture pour créer des vins de qualité dans la région de Bangalore. Ces dernières années, Grover Zampa a investi lourdement dans sa technologie et teste actuellement l'élevage du vin en amphores, fabriquées à partir de terracotta venue tout droit d’Italie, technique ancestrale du temps des romains!

« L’avantage de l’amphore est qu’elle ne nécessite pas de prise de température et d’humidité grâce à la facilité de son autorégulation », explique la guide Karishma. « L’amphore n’apporte pas les arômes que le chêne des barriques peut donner au vin, mais elle a l’avantage de développer les arômes du fruit avec une belle intensité ».

Les barriques sont constituées à 100% en chêne français et permettent un élevage des vins entre 8 et 24 mois. La maison garde les barriques 3 ans avant de les revendre en Ecosse pour la production de whisky. Des cuves de 200 à 2000 litres vous accueillent lors de la visite. Des cuves en béton en forme d’œuf sont également utilisées pour la fermentation et la maturation. Pour les crémants, la méthode traditionnelle dans les maisons viticoles est honorée, tout est fait à la main !

Aujourd’hui, Grover affiche fièrement 450 hectares alors qu’elle avait débuté avec 100 hectares ! Lors de ma visite des vignes, le responsable m’expliquait avec fierté la volonté de se rapprocher des méthodes de biodynamie : « Nous plantons des plantes et légumes entre les rangs de vignes pour prévenir des maladies sur la vigne et nous ne traitons pas avec des pesticides après la floraison. Avec la sécheresse, nous irriguons. Aujourd’hui, vous voyez les équipes préparer la taille avec 2 tiges. Nous maintenons 5 bourgeons par tige pour produire 40 grappes au maximum par plant de vigne afin de concentrer les arômes dans le raisin ! »


En Inde, le climat étant constamment chaud, il y a 2 récoltes par an !


Avec les fortes chaleurs tout au long de l'année, il y a 2 récoltes par an mais seulement une de ces récoltes est utilisée pour produire le vin, entre février et mars ! En effet, l'autre récolte se fait après la mousson en septembre. Par conséquent, les baies de raisin sont gorgées d'eau, ce qui les rend inutilisables pour la production de vin (pas assez de sucre et éléments nutritifs!).


En Inde, les nuits sont plus courtes et le temps de fraicheur est également plus court qu’en Europe (après de longues journées de forte chaleur indienne), rendant la quête d’acidité dans le vin un véritable défi ! Ainsi, combinant le climat (temps de fraîcheur plus court la nuit) et le sol en argile rouge et sablonneux, les vins présentent moins d'acidité. Par conséquent, les vins se gardent en moyenne 3 ans... Ce ne sont pas des vins de garde!

En général, l'élevage se fait en barriques en chêne français et américain entre 2 et 22 mois!


Ravie de vous partager cette belle découverte indienne que vous pourrez également retrouver lors de vos futurs séminaires et team buildings privés...


La Petite Nénette -> audrey@lapetitenenette.com or +33 (0) 6.81.92.01.55


La Petite Nénette

59 163 Condé sur l'Escaut

+33 (0) 6.81.92.01.55

www.lapetitenenette.com 

Facebook: La Petite Nénette

Instagram

SIRET RCS 880 561 840

SARL au capital social de 500 euros 

gérée par Audrey Delbarre

Organisme de formation enregistré sous le N°32591026359. Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l'Etat.

© 2023 par DELBARRE. Créé avec Wix.com