• Audrey

A la découverte des vins du Languedoc… du fruit, du soleil et encore du fruit !

Mis à jour : 27 août 2018


Le Clos de Vènes

A bord d’une petite Fiat 500 cabriolet louée à l’aéroport de Carcassonne, nous arrivons par les petites routes ensoleillées dans un tout petit et charmant village au calme olympien, et où tout se concentre autour de l’église. Cela laisse l’impression de se retrouver dans la France d’antan… Les vieilles bâtisses sont quelque peu abimées, munies de vieilles fenêtres en bois avec des volets aux peintures écaillées, patinés par le temps et les hivers rudes. Ici, à Saint Couat d’Aude, il n’y a qu’une petite épicerie qui doit également faire office de dépôt de pain, à défaut d’artisan boulanger, pour répondre au petit nombre d’habitants. Plus loin se trouve un petit relais de Poste. Ici, on a le sentiment que le temps s’est figé. Le clocher sonne régulièrement tout au long de la journée, les chats errent dans les rues désertes. Au soleil couchant, les vieilles dames s’assoient sur des chaises sorties devant leur maison, regroupées toutes ensembles pour commenter, sans doute, les faits divers de la journée et les gens de passage, comme nous, simples touristes, qui suscitent un petit intérêt et un regard défiant... La chaleur semble différente : on sent que le sol, le bitume, les pierres des murs ont emmagasiné le soleil toute la journée. La sècheresse est omniprésente et on entend au loin le chant des cigales mêlé à celui des oiseaux. Cette chaleur sèche, douce et agréable explique certainement le fait que les gens donnent la sensation de prendre le temps de vivre paisiblement. Nous sommes accueillis au pied du double escalier en pierres blanches d’une grande maison de maître par un gentil labrador à la couleur or, appelé Opium. Nous voici dans la chambre d’hôtes du Clos de Vènes.


Sylvie et Christophe nous accueillent tout sourire. Sylvie, ancienne déléguée médicale et Christophe, ingénieur de projet dans un grand groupe, ont décidé en 2011 de tout plaquer pour s’installer dans l’Aude, cette belle région verte, vallonnée avec ses petites montagnes, tout en étant à proximité de la mer avec Narbonne, située à 40 minutes en voiture. Ils ont acheté des terres avec de belles vignes pour se lancer dans le monde du vin ! Ils n’y connaissaient rien mais la détermination les a poussés à tout apprendre depuis la culture de la vigne jusqu’à la production du vin et même sa promotion. Christophe nous a emmenés visiter ses terres, prenant le temps de nous expliquer comment il a appris aux côtés d’un vigneron à tailler la vigne, à l’entretenir, à gérer les vendanges.

Au cœur de ses vignes, Christophe nous explique qu’il taille sa vigne en éventail pour aérer les grappes. Il coupe deux yeux sur cinq serments 2 yeux (5 coursons 2 yeux) et il garde une à deux grappes par serment pour une capacité de 20 grappes par souche. Il privilégie la qualité des grappes pour une belle concentration dans le raisin plutôt que la quantité. Côté maladie, le mildiou est rare ici, excepté cette année mais il arrive plutôt le millerandage, c’est-à-dire que baies ne grandissent pas, ou encore l’oidium et le ver de la grappe (papillon). En juin, il re palisse et effeuille ses vignes (le palissage des vignes sur fil permet de mieux exposer et aérer les vignes). Dans son chai, il utilise un pressoir vertical et privilégie l’élevage en fût de chêne pour une micro oxygénation et une meilleure combinaison du tanin du bois et du tanin du raisin afin le rendre plus souple. Au domaine, l’élevage se fait 12 mois en fûts de chêne. Puis, Christophe et Sylvie assemblent les vins des différents fûts même si le résultat sera un vin mono cépage. Avec l’aide d’un expert, ils n’hésitent pas à prendre la décision de mettre de côté un fût pas assez élevé pour un élevage supplémentaire.

Ensuite, Christophe nous emmène dans son chai où il a investi dans des cuves inox et des barriques en fûts de chêne qu’il renouvelle chaque année. Nous dégustons le nectar produit de ses mains : un cépage blanc, originaire de Montélimar mais assez répandu dans le Languedoc… 100% Roussanne ! La région Languedoc est plutôt connue pour ses rouges que ses blancs, pourtant la Roussanne est un cépage produisant des vins extraordinaires. C’est un merveilleux pari qu’a donc fait Christophe avec ce vin, victime de son succès qu’il est actuellement en rupture de stock ! La roussanne, appelée aussi, fromenteau, barbin ou bergeron, pousse très bien sur un sol calcaire, maigre et caillouteux. Le vin issu de la Roussane pure dégage un arôme délicat rappelant celui, du café, du chèvrefeuille, de l'iris et de la pivoine. J’ai eu ensuite l’occasion de l’accompagner avec son stagiaire pour suivre le processus d’étiquetage des bouteilles. Voici la belle histoire du Clos de Vènes dont le couple peut aujourd’hui être fier… Vins à retrouver sur des tables étoilées à Paris ou encore dans le restaurant au bord du canal du Midi à Homps, Les Tonneliers.

Domaine Sainte Marie de Crozes, Douzens

Dans un autre village à proximité, à Douzens, nous faisons également la visite d’une cave d’une maison familiale depuis 1600, au label Agriculture Biologique : le domaine Sainte Marie de Crozes. La mère et la fille tiennent la boutique et nous expliquent, tout sourire, leur stratégie marketing d’essayer toute une palette de cépages et de types de vins selon les profils de chacun, du jeune amateur à l’expérimenté mais aussi selon les humeurs du jour ! Et oui… car il y a des jours, on a juste envie de passer une petite soirée sympa entre copains ou copines et de ne pas faire appel à notre analyse cérébrale… mais de simplement passer ce petit nectar fraichement dans notre palais, de lâcher prise et savourer un bon moment de partage autour de quelques planches apéritives! C’est ainsi que l’on retrouve dans cette maison familiale, une belle idée de gamme de vins avec chacun son histoire à raconter :

· Le vin pour les copains : « Les Pipelettes », un vin pour une soirée entre filles de par sa rondeur de l’assemblage Syrah/Grenache/Cinsault. Il est souple, sans astringence et léger. On y trouve des notes de fruits rouges, peu de tanins car sorti de la cuvée une fois la couleur prise (matière retirée), de la griotte, du fruit noir, de la framboise, de la mûre avec une belle structure et une générosité d’un panier de fruits rouges en bouche. Bref, un vin pour les pipelettes ! (Ma note : 15/20)

· Le vin pour accompagner des repas de famille corsés avec des plats plein de bonnes viandes : « Hector et Juliette » avec en photo les grands-parents sur l’étiquette, qui rappellent les bons moments partagés en famille ! Un assemblage de 85% Syrah avec 15% Grenache qui apporte un palais très épicé, une belle complexité avec des notes de thym, de poivre et de garrigue pour accompagner les viandes en sauce. Ma note : 16/20.

· Un petit rosé pour l’apéritif

· « Premiers pas sur la lune » : parce que la famille a pris le risque de sortir un vin blanc dans une région connue pour ses rouges !

· « En rébellion » : 100% Pinot noir. Mes notes : bonbon rose, petits fruits rouges framboise, groseille, 1er cépage vendangé. Un bon petit vin de table et léger (ma note : 11/20)

· « Milo » : un vin blanc 100% Roussanne, avec des vignes à 400 m d’altitude qui apporte fraîcheur et humidité à celles-ci. Idéal pour des plats riches comme de la volaille à la truffe, du foie gras. Mes notes : pêches de vignes, grillé, toasté (16/20).

· « L’outsider », parce que la famille a osé un cépage non local, le Cabernet Franc ! Un pari réussi à mes yeux avec ses arômes de sous-bois, des notes vanillées, réglissées mais aussi poivrées et de zen en fin de bouche. Idéal pour l’apéro en charcuterie et des grillades de viandes (16/20).

· « Les mains sur les hanches » parce que la maison a tenté un assemblage avec des vignes de plus de 70 ans et que la mère était si stressée du résultat potentiel, qu’elle en avait les mains toujours sur les hanches. Un assemblage de 90% Grenache avec 10% de Syrah, à boire frais l’été (12°C), ce vin fermente en barrique, avec un pigeage en cuve. Extraction de différents jus. Il a une sucrosité de jeune jus, un grand équilibre, faiblement boisé car peu travaillé en barrique (2 mois), il est rond et délicieux avec la plupart des plats. Ma note : 15/20.

· « Les fugitives » car les filles ont tenté d’expérimenter un élevage de vin dans un œuf en béton, technique qui commence à se déployer et qui de par sa forme permet de faire tournoyer les particules. Un monocépage osé sur le Mourvèdre qui apporte structure avec des notes poivrées et épicées. Ce cépage nécessite l’air de la mer et apporte une belle matière en bouche et une fin de bouche persistante sur une belle structure. Des notes de coing, de pruneau, de cuir et de fruits cuits. Ma note : 15/20

· « 4ème génération » : un bel assemblage de Syrah, Carignan et Grenache qui apporte en bouche de la violette tout en remémorant les senteurs de la garrigue locale sur une belle structure, charpenté et une puissance aromatique ! On retrouve une matière solide des autres vins (comme « En Rébellion) récupérée et fermentée, bref une cuvée typique des Corbières ! Ma note : 17/20

· « Timéo », le prénom du petit-fils de la maison : un vin qui associe 5 cépages (Grenache, Syrah, Carignan, Mourvèdre, Cinsault), élevé 15 mois en barrique. Une belle complexité, fin, élégant sur un bon repas grâce à ses notes de truffe, de tabac et un côté pétrolé et de fruits très noirs. Une finale par une puissance aromatique prononcée. Ma note : 17/20.


Parce que le vin, c’est de la passion…

Ce sont des histoires à raconter…

Ce sont des moments de partage…


Merci pour cette belle générosité et ces moments de partage d’un bout de vie de chacun…


Autres adresses découvertes : Les vins Corbières du domaine Pierre Richard, à Gruissan, à quelques centaines de mètres de la mer Méditerranée. Nous y avons découvert le Blondus ricardus, un assemblage de Syrah, Grenache, Carignan et Mouvèdre, sans élevage au fût de chêne, avec des notes de pois cassés, réglisse, cerise et le poivre apporté par le Mourvèdre. La cuvée Cardinal, réunissant Syrah et Mouvèdre, élevé 9 mois en fût de chêne, un rendement inférieur à 25 hectolitres à l'hectare, très concentré, aux notes de cuir, vanillé (apporté par le chêne), des feuilles de tabac et réglisse.

N’hésitez pas à profiter les midis en semaine du menu gastronomique au prix accessible de 39€ (entrée, plat, dessert, vins et café inclus) au restaurant étoilé La Barbacane au cœur de la cité de Carcassonne.

(Menu dégusté : petites mises en bouche avec nougat de cacahuètes, tartelettes de chèvre frais et pignons de pin, croquant de Comté ; Entrée avec un tartare de magret de canard, sauce amarena, cerises noires confites, dés de cerise, navets caramélisés accompagné de vin blanc Domaine Chabrol (Grenache blanc, Vermantino Gros Manseng) ; Plat avec un faux-filet grillé et ses gnocchis de pommes de terre maison, asperge blanche grillée, sauce crémeuse tomatée accompagnée d’un vin rouge Cantalauze (Grenache et Carignan) ; et un dessert de cerises noires, cerises confites, feuille de chocolat noir, glace ganache chocolat noir, glace chocolat ganache blanches et chantilly maison avec une recommandation de découvrir le vin de la Livinière, Maurel.


Carcassonne

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